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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 13:33

Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges, Octave, le maître des lieux, regarde sa soeur Camille d'un oeil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l'endroit au plus vite, partir loin de cette angoisse qui ne le lâche plus.
Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais Malo n'en démord pas. L'étrange fascination d'Octave pour Camille, pour ses cheveux d'un blond presque blanc, le met mal à l'aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme autrefois séduisant, au visage lacéré par une vieille blessure.
Ils se disputent et, le troisième jour, Malo n'est plus là. Personne ne semble s'en soucier, hormis Camille qui veut retrouver son frère à tout prix.
Mais leur reste-t-il une chance de sortir vivant de ce domaine, ou le piège es
t-il déjà refermé?

Ce nouveau roman de Sandrine Collette est probablement l'un des livres les plus attendu de l'année 2014. En effet, l'année dernière elle a offert une grosse claque à pas mal de monde avec son premier roman "Des noeuds d'acier".
Il est difficile de passer après et la chose ne va pas être aisée.
Alors, que vaut ce deuxième essai? Plantage total ou réussite?

Le livre s'ouvre par un prologue. Cru, violent, brutal. Déjà à peine ouvert que ça fait mal, très mal. Mais malgré tout, l'envie est là, je veux savoir, souffrir, m'en prendre plein la tronche. Je vais pas être déçu.

Sandrine pose ses personnages, Malo, Camille, Octave, Andreas avec précision et elle les travaille à la perfection.
Le décor, ici aussi va jouer un rôle plus ou moins important. S'il est moins hostile que dans le premier il livre son lot de scènes stressantes. En particulier la forêt...
Sandrine arrive à créer une atmosphère oppressante et étouffante en un rien de temps, avec 3 phrases.
L'écriture, comme dans le premier est bonne, très bonne. Tout sonne juste, tout le temps. Une écriture douce qui adoucie un peu le tout.
Elle nous conte aussi et surtout le quotidien des vendangeurs. Levé tôt, couché tard, le travail usant, salissant, répétitif... Une vision que l'on voit rarement dans le polar (et les romans en général).
On tourne les pages encore et encore sans plus pouvoir s'arrêter ou presque, savoir ce qu'il va arriver, quand, comment. Elle joue avec les nerfs du lecteur comme avec ses personnages. Cette relation de "je t'aime moi non plus" entre Camille et Octave". La confrontation entre Octave et Malo. La disparition du frère. Les recherches de la soeur. Les questions sans réponses. La lente descente dans une presque folie pour découvrir la vérité.


Jusqu'à la découverte du pourquoi comment qui ne laissera, je pense, personne insensible. On fonce tête baissée vers la révélation coup de poing qui fait tout péter, et une scène finale abominable qui nous laisse un goût d'horreur dans la bouche. On en ressort tout chamboulé...

Pour ceux, qui éventuellement auraient trouvé le premier top trash ou trop violent, rassurez-vous, ce deuxième roman est plus calme, plus soft. Il n'y a véritablement que le prologue et le final de "trash". Le reste n'est que psychologique. Mais ça fonctionne à merveille !!

En conclusion, avec "Un vent de cendres", Sandrine Collette nous livre une version sombre et moderne de "la belle et la bête". Une fable violente sur l'amour et la différence.
Une réussite, encore une fois!

Bravo Miss Collette !

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Sandrine Collette - un vent de cendres - Éditions Denoël - 60 pages - 13/02/14

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Published by Demosthène
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commentaires

Norbert 05/01/2014 18:33

Salut Démosthène,
Je viens de terminer ta chronique et le petit détail qui m'a frappé est le nombre de pages : 160, seulement (contre 265 pour Des noeuds d'acier) ?!!
À lire le résumé que tu as mis en italiques, je me suis dit qu'elle récidivait dans le genre du quasi-huis-clos, de l'enfermement, etc, mais en lisant ta chronique, ce n'est visiblement pas le cas. Du moins, je l'espère : rien de pire pour un nouvel auteur que de s'enfermer dès ses 2 premiers romans dans le même genre de "pitchs". Je verrai bien à sa sortie, j'ai personnellement lu son premier roman la semaine dernière (alors que je l'avais acheté dès sa parution...), et si j'ai bien aimé, je n'ai pas pour autant été "foudroyé", ce n'est pas vraiment un coup de coeur. Pour moi, il s'agit d'un bon premier roman noir, bien maîtrisé et qu'on ne lâche plus une fois embarqué dedans, mais il a manqué cette étincelle, ce je-ne-sais quoi qui me fait vibrer parfois à la lecture d'un polar. Pour avoir lu le titre qui avait été publié en même temps que Des noeuds d'acier en janvier dernier pour relancer la collection Sueurs froides chez Denoël, "Une semaine en enfer" de Matthew F. Jones, un premier roman là aussi, j'ai une très nette préférence pour ce dernier. Une écriture beaucoup plus travaillée, un style bien à lui et un récit magnifique de noirceur. Par exemple, une fois terminé le roman de Sandrine Collette, je suis immédiatement passé à autre chose sans qu'il m'ait spécialement marqué... Alors qu'à la fin du magnifique et très noir "Belém" de Edyr Augusto (chez Asphalte) j'avais mis au moins une semaine avant de pouvoir replonger dans un bouquin tellement celui-ci m'avait marqué et continuait à me hanter. Plus récemment, avec le superbe "Dans la rue j'entends les sirènes" de Adrian McKinty, arrivé à la fin, alors que l'enquête était résolue, je freinais au maximum ma lecture pour pouvoir rester dans l'univers du roman avec son personnage Sean Duffy le plus longtemps possible, et j'en aurais volontiers lu 400 pages de plus...
Bref, merci pour ta chronique (merci encore pour ton avis sur Le dernier Lapon, que j'ai préféré éviter du coup car en plus tu n'étais pas la seul petite voix à le dire malgré l'énorme tapage médiatique autour de ce bouquin !), je lirai de toute façon avec plaisir ce "Vent de cendres" !
Amitiés.

Démosthène 05/01/2014 18:55

Hello!

En effet, j'ai voulu aller trop vite et j'ai tapé 160 au lieu de 260 pages. Toutes mes excuses :D
Pas de "tournage" en rond pour ce deuxième roman. Même si le pitch peu en laisser entendre. Pas de séquestration ici. Le grand air, toujours ou presque.
Pour ce qui est du livre "une semaine en enfer", je l'ai lu l'année dernière à parution et je n'ai pas été emballé du tout, je me suis très vite ennuyé.
Comme quoi les avis! ;)

A bientôt! Démo'