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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 00:22
Fétiches - Mo Hayder

Les patients de l'établissement psychiatrique de haute sécurité Beechway sont très sensibles à la suggestion. Une hallucination peut se répandre tel un virus. Aussi, lorsque plusieurs malades se livrent à des actes d'automutilation, et que l'un d'entre eux va jusqu'à se donner la mort, le fantôme de «la Maude», une infirmière sadique qui terrorisait les pensionnaires à l'époque où Beechway était un hospice, ressurgit.
Afin de mettre un terme à l'hystérie collective qui gagne même son équipe, AJ, infirmier psychiatre fraîchement nommé coordinateur, décide de faire appel aux services du commissaire Jack Caffery. Il soupçonne l'un de ses patients, Isaac Handel, d'être à l'origine de la psychose. Si son intuition est juste, il faut agir rapidement. Car Handel vient d'être libéré. Et qui sait ce dont il est capable?

Enfin le grand retour de Jack Caffery après quelques années d'absence! Il me tardais vraiment de plonger de nouveau dans l'univers de Mo Hayder. Univers que je chérie particulièrement. Déjà, la couverture m'a plu au premier coup d'oeil. Je sais... comme dit le Dr Frank-N-Furter, alias Tim Curry dans "The Rocky Horror Picture Show" : Don't judge a book by its cover"... Mais bon, tout de même, là elle claque carrément!

Après lecture de ce "Fétiches", le premier sentiment qui me vient en tête c'est que ce nouveau roman est probablement le moins violent de tous. Mais également le plus ambiancé. J'ai tout de suite été happé par cette ambiance justement. Sombre, palpable, glauque. ce sentiment d'être enfermé moi aussi dans cet HP. Un quasi huit-clos! Car le gros du livre se déroule toujours dans dans endroits clos ou presque. HP. Voiture. Grotte. Chambre. Sous l'eau. Et Mo Hayder réussie à merveille a retranscrire ce sentiment de manquement d'air, ce quasi stress permanent!

C'est aussi avec un plaisir non dissimulé et un sourire aux lèvres que j'ai entamé le premier chapitre, l'idée de retrouver Jack Caffery. Ce personnage que j'aime tant. Presque comme un ami lointain que je ne vois que rarement.Et puis Flea aussi. Cette petite que je n'ai pourtant pas aimé tout de suite...
Mais Mo nous offre deux nouveaux personnages importants dans ce nouveau livre. Tout d'abord AJ, ce médecin de Beechway. Et... et Beechway tout simplement. Oui, oui l’Hôpital Psychiatrique a une place tellement importante ici qu'il en devient un personnage majeur! C'est du moins mon ressenti.

Elle alterne avec une certaine justesse le point de vu AJ à l'HP et le point de vu Jack Caffery qui, de son côté se voit enquêter sur un "fantôme", celui de la Maude, tout en essayant de résoudre ses problèmes et dominer ses démons. On assiste à une presque danse nuptiale entre Jack et Flea, ces deux pas doués de la vie, pas doués de l'amour... ce jeux du chat et de la souris...
Elle nous entraîne dans un monde entre folie, superstition et horreur. Un peu son monde à elle.

Même si la résolution de l'enquête n'est pas des plus surprenante (c'est même une évidence), Mo Hayder termine son livre avec 20 pages qui relancent le tout et promet une belle suite... ou même plusieurs. Car oui, les aventures de Caffery je veux quelles durent toute la vie!

Avec "Fétiches" Mo Hayder signe le meilleur tome des enquêtes Caffery / Marley. Un point c'est tout!

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Mo Hayder - Fétiches - Éditions Presses de la Cité - 425 pages - 10/10/13

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 18:38
Les visages de Victoria Bergman T1: Persona - Arik Axl Sund

La psychothérapeute Sofia Zetterlund suit deux patients particulièrement difficiles : Samuel Bai, un ancien enfant-soldat de la Sierra Leone et Victoria Bergman, une femme profondément meurtrie par un violent traumatisme d'enfance. Tous deux présentent des signes de personnalités multiples.
Un jeune garçon est retrouvé mort derrière des buissons, près d'une bouche de métro, le corps momifié et sauvagement mutilé. Pour l'inspecteur Jeanette Kihlberg, l'enquête s'annonce compliquée : il est d'origine étrangère et personne ne semble se préoccuper de sa disparition. Bientôt une nouvelle victime impose l'horrible évidence d'une série.
Chacune de leur côté, la flic et la psy se voient confrontées aux mêmes questions: Combien de souffrances peut-on infliger avant de basculer dans l'inhumain et de devenir un monstre? A quel moment la victime se mue-t-elle en prédateur? Et peut-on être mauvais si on ne ressent aucune culpabilité?

Cela fait déjà un bon moment que je guette de loin cette sortie. Dès que j'en ai entendu parler, j'ai frétillé de la queue comme un bon chien qui attend son os. Enfin le tome 1 est arrivé. A peine dans mon chez moi que je l'entamais et le refermais presque aussitôt!

Dès les premières pages du bouquin les deux auteurs (oui, oui ils sont deux) signent de leurs pattes. Un roman violent qui bouscule tous les tabous.
Les chapitres sont (relativement) courts, l'écriture est bonne. Là, de ce point de vue je n'ai rien à redire. On tourne les pages encore et encore sans même s'en rendre compte.
Les deux personnages principaux, sont deux femmes. Sofia, la psy et Jeanette, la flic. Le roman est presque féministe quand j'y pense. Les hommes ne sont pas absents, non, mais toujours en second plan. Ils sont fondamentalement mauvais et la violence est presque exclusivement faites aux hommes (si on enlève les viols bien sûr...) La psy et la flic sont deux persos très bien travaillés et vite, on s'attache à elles, on veut en savoir plus sur leur vie, leur blessure, sur la suite de l'histoire. On jongle à merveille entre passé et présent. (Même si j'avoue avoir eu un peu de mal à situer la durée de l'enquête. 1 semaine, un mois??)

Au fil des pages et des chapitres on comprends assez vite qu'il ne va pas être aisé de démêler tout ce beau bordel. Les personnages s’enchaînent (tous avec leur nom à coucher dehors ^^). Et plus que les personnages ce sont les situations qui, parfois font froid dans le dos. Les auteurs n'hésitent pas à nous pousser encore et encore dans nos retranchements et à nous déverser de l'horreur dans les chapitres (viol, pédophilie, enfant-soldat). MAIS! Jamais, ô grand jamais on ne ressent une sensation de "trop" ou de "too much". On est pris dedans, un point c'est tout!

Comme un accident de la route! Vous passez devant. Vous savez que ça va être triste, sale et dur, mais vous ralentissez et vous ne pouvez vous empêcher de tourner la tête pour y jeter un oeil. Avec ce livre, c'est pareil...on est fasciné.
Les 100 dernières pages arrivent et on pense (du moins moi) avoir trouver le fin mot de l'histoire, mais bien entendu l'auteur et les personnages ont déjà un coup d'avance sur nous et le livre se termine net! Comme ça! D'un coup! La suite! Vite! Encore! On en redemande!


Alors, coup de coeur? Non, mais un très bon roman tout de même. Ne passez pas à côté si vous vous vous sentez d'attaque !

Une fois de plus Actes Sud ont réussi à dénicher une perle rare! Un roman noir, brutal et fascinant! Une très grosse réussite.

Les suites:
-Les visages de Victoria Bergman T2: Trauma
'Les visages de victoria Bermgan T3: Catharsis
Seront publiées en Février 2014 et Mai 2014. Autant vous dire que je serais présent !

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Les visages de Victoria Bergman T1: Persona - Arik Axl Sund - Éditions Actes Noirs - 475 pages - 02/10/13

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 21:09
John Hart - L'enfant perdu

Un soir, alors qu'elle rentre chez elle, la jeune Alyssa Merrimon disparaît. Un an après, Johnny, son frère jumeau, fouille toujours leur petite ville de Caroline du Nord, rue par rue, s'introduisant chez des homes soupçonnés de comportements déviants, au risque de se faire prendre. Clyde Hunt, le policier chargé de l'affaire, le surveille discrètement, tout comme sa mère qui reste inconsolable.
Mais la disparition d'une deuxième fillette, suivie de plusieurs découvertes macabres, va ébranler la petite communauté et menacer Jo
hnny.

Je dois bien avouer que j'ai un peu flipper avant de commencer la lecture de ce livre. Pourquoi? simplement parce que tous les avis que j'ai eu dessus étaient absolument excellents... forcément ça fait peur. Peur d'en attendre trop et donc d'être déçu. J'ai fini par me lancer, et au final... je n'ai pas du tout été déçu! :)

"L'enfant perdu", est tout de même un pavé de 600 pages. Ce n'est pas rien. John Hart mène son histoire de bout en bout! C'est juste bluffant! Non content de nous servir des personnages travaillés à la perfection, il le fait avec une belle écriture, fluide.

L'histoire commence pile un an après la disparition d'Alyssa, la sœur jumelle de Johnny.
Johnny justement, enfant de 13 ans, semblant en avoir seulement 10. Gosse totalement paumé, sans le moindre repère. Son père est parti quelques temps après la disparition de sa fille et ne donne plus de nouvelles depuis (hormis quelques lettres). Katherine, sa mère, elle, a totalement sombré dans la drogue, les médocs et l'alcool. Elle survie plus qu'elle ne vit. Prise au piège de Ken Holloway, l'homme le plus riche du coin. Johnny doit donc tout faire seul et ne compter que sur lui-même. Il sèche régulièrement les cours et part retrouver son ami, (le seul!) Jack. Enfant quasi délinquant, avec un bras gauche atrophié du à un accident. Clyde Hunt, le flic du coin, surveille se "beau" monde du coin de l'oeil, tout en gardant en tête la disparition de Alyssa.

Le roman suit principalement le point de vue de Johnny et de Clyde Hunt. L'enfant dans sa quête personnelle, celle de retrouver à tout prix sa soeur jumelle, et un semblant de normalité. Et pourquoi pas son père aussi ? Ce gosse qui ne croit plus en dieu, mais qui se prend pour un mage Indien...
Hunt, lui, est séparé de sa femme, et est totalement obnubilé par cette enquête. Il ne dort quasiment pas et se trouve un peu trop proche de cette famille.

Jamais, l'histoire ne souffre de longueur ou de passages inutiles. les chapitres relativement courts font allez l'histoire à 100 à l'heure. Les rebondissements viennent toujours à point nommé et relancent le livre vers de nouveaux horizons. John Hart sait parfaitement nous tenir en haleine durant ces 600 pages et nous trimballe dans tout un tas de fausses pistes avec un naturel déconcertant. Il n'hésite pas non plus à parler d'un certain nombre d'horreurs, et à faire preuve de violence. Aussi bien physique que psychologique. Les personnages vont souffrir! On ne peut s’empêcher d'avoir de l'empathie pour ce môme qui n'en est plus un. Dès les premiers chapitres lus, il est quasiment impossible d'abandonner la lecture. Il nous faut savoir ce qui est arrivé à cette pauvre Alyssa. Connaître enfin le dénouement. Garder l'espoir jusqu'au bout...
Le dénouement d'ailleurs! Je suis certain que PERSONNE n'est capable de le découvrir avant de le lire. La fin est totalement inattendue!


Avec ce roman John Hart nous montre qu'il maîtrise parfaitement son histoire et ses personnages. Le roman de 600 pages se lit d'une traite ou presque et un nous livre un final inattendu. Tout simplement bluffant!!

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John Hart - L'enfant perdu - Éditions Le Livre de Poche - 600 pages - 31/08/11

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 21:01
R.J Ellory - Mauvaise Étoile

Texas, 1964. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l’assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l’inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises.

Je ne pense pas être la personne la plus à même de parler de Roger Ellory et de ses livres. J'avoue, je n'ai pas encore lu "Vendetta"... Bouuh honte à moi! Je sais, je sais.
Puis, bon..."Seul le silence", est certes, un bon bouquin, mais est loin, trèèès loin de m'avoir transporté. Pour le moment, mon préféré, c'est "les anonymes". Et là, bah j'en suis aussi le premier étonné, étant donné que les thriller politico-manipulation, c'est pas du tout mon truc. Je ne sais expliquer pourquoi, mais "les anonymes", m'a bluffé et totalement emporté! Tant mieux!

Allez! Assez parlé du passé. Qu'en est-il de cette "mauvaise étoile"??


Le nouveau Ellory, est une fois de plus un petit pavé de plus de 500 pages. Mais un pavé qui se dévore à (presque) toute vitesse. Il n'est pas un simple page turner. C'est un roman qui se lit vite, certes, mais qui se savoure aussi.

Le roman commence par un long chapitre nous présentant les deux ados, Digger, et Clay.
Leur enfance, leur vie de misère, leur malchance. Leur destin tout tracé ou presque. On sent déjà la différence qui oppose les deux frères. L'un plus posé et réfléchit. L'autre, plus casse cou, toujours à chercher les ennuies.
Le livre commence vite, l'écriture y est toujours aussi bonne, belle, presque poétique par moment. Les chapitres courts, font tourner les pages encore, encore et encore. On est tout de suite dans l'action, et il est déjà impossible de lâcher le livre! On veut savoir la suite!
On rentre dans le vif du sujet très rapidement et les destins se croisent, s'entrechoquent!
Dès les premières pages, on sent une noirceur jusque là insoupçonnée chez Ellory. Et au fil des pages, plus que la noirceur, c'est la violence qui va étonner. Jamais, je n'aurai pensé R.J Ellory capable de tant d'horreur. Jamais! Mais je ne vais pas me plaindre, au contraire. Il prouve avec ce nouveau livre qu'il est tout à fait capable de se renouveler et d'offrir une nouvelle facette de son talent à ses lecteurs.
Pendant tout le livre, on va suivre la cavale des deux ados et de Earl. Une cavale qui aurait assez vite pu tourner en rond, mais Ellory nous balance un retournement de situation inattendu et nous emmène vers un autre genre de road movie. Une quête qui m'a tenu en haleine tout du long. La pression monte en même tant que l'on tourne les pages, tout autant que les cadavres qui s'amoncèlent sur le passage du "trio".
Digger, l'aîné des frères semble petit à petit sombrer dans "le côté obscur". Lui, qui depuis toujours cherche à franchir les limites. Va-t-il définitivement se laisser embarquer par le discourt de Earl???
Comme à son habitude Ellory travaille ses personnages. Ils sont vraiment complets et ne manquent pas de profondeur. Ce qui les rends attachants.
Si Ellory nous parle ici de la différences entre deux frères nés dans la misère et les chemins totalement différents qu'ils peuvent emprunter, il nous parle aussi de la faiblesse de certaines personnes, et le danger que peut représenter un "beau parleur", tout comme une religion.
Il nous parle aussi de la place des médias. Mais, là, contrairement à beaucoup d'auteurs, il nous montre la quasi absence de média dans les années 60. Alors que de nos jours, à l'heure des réseaux sociaux tout se sait,vite et partout, là, on ne peut communiquer qu'à travers la presse et la télé. Pas d'ordinateur, pas de téléphone portable... Une communication restreinte qui va causer pas mal de soucis ici...

"Mauvaise étoile" reste toujours très crédible et Elloy semble ne jamais en faire trop et nous offre un fin des plus tendue lors d'un dernier affrontement! (même si je ne suis pas hyper fan de ce côté très "haapy end"...)
Il est clair que je ne vais pas m'arrêter ici avec cet auteur. En attendant son sixième roman, je vais (enfin) pourvoir lire "Vendetta"!

Vous aussi, venez participer à cette chasse à l'homme haletante !!

«Moi, en revanche, je suis né sous une mauvaise étoile. Tu sais ce que c'est? Eh bien, je vais te le dire. C'est comme une conjonction de planètes. Tu sais ce que c'est une conjonction? C'est une combinaison d'évènements ou de circonstances. Eh bien, quand je suis né, je crois qu'il y avait une conjonction particulière. Une planète était à tel endroit, une autre à tel autre, et ainsi de suite à d'autres endroits. Et elles sont une force magnétique ou je ne sais quoi, et elles contrôlent les marées et tout. Bref, elles étaient dans une certaine position, et je suis né pile au mauvais moment, et c'est pour ça que je m'appelle Luckman, parce que de la chance, j'en aurai jamais...»

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Roger Jon Ellory - Mauvaise Étoile - Sonatine Éditions - 535 pages - 17/10/13

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:45
Craig Johnson - Enfants de poussière

Le comté d'Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l'Etat le moins peuplé d'Amérique. Aussi, y découvrir en bordure de route le corps d'une jeune Asiatique étranglée est-il plutôt déconcertant. Le coupable paraît pourtant tout désigné quand on trouve, à proximité des lieux du crime, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n'est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite.
D'autant que le sac de la victime recèle une autre surprise : une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à sa première affaire alors qu'il était enquêteur chez les marines, en pleine guerre du Vietnam. Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes aux échos inattendus.

Vous le savez tous sûrement: J'aime beaucoup, beaucoup Craig Johnson!
Il a tout de même réussi l'exploit de me faire lire et aimer des polars avec des indiens et un shérif... un paris totalement dingue!
Vous savez sûrement aussi que pour le moment mon préféré reste "le camp des morts" (lisez-le bordel c'est bon, bon, bon!!)
Et vous savez aussi que "L'indien jaune", troisième roman de la série, m'a déçu... oui ça arrive à tout le monde, même au meilleur.
Alors c'est l'esprit pas très très serein (William?) que j'ai entamé "enfants de poussière", quatrième enquête de ce cher Wlater Longmire !
Alors déçu de nouveau le Démosthène??
Noooooooooooooooooooooooooooon! Walt is fucking back!

Comme à son habitude Craig Johnson nous emporte loin dans son Wyoming adoré. Il nous dépayse en un rien de temps! Dès les premières pages l'ambiance et le décor sont posés. Avec son écriture absolument superbe et une traduction parfaite, les descriptions marchent du feu de Dieu. On s'y croirait. Les détails fourmillent de partout et donnent une certaine épaisseur à l'histoire. On en apprend encore sur certaines tribus indiennes, leurs cultures ou leur histoires.
Les personnages sont encore une fois plus humains que jamais. Attachants, travaillés et emplis d'émotions. Suivre leurs relations entre les uns et les autres est un bonheur. Notamment entre Walt et sa fille. Ou encore, entre Walt et sa courtisane...
L'humour grinçant est au rendez-vous ici aussi et vient pimenter le tout de temps à autre afin d'apporter un peu de légereté.
Les dialogues sont parfois croustillants et font toujours mouche.

L'intrigue en elle-même, si elle ne manque ni d'intérêt et de rebondissements, est assez souvent mise en deuxième plan au profit du passé de Walt. Ce sont presque ses souvenirs qui portent le livre. Savoir ce qui s'est passé lors de la guerre du Vietnam. Cette relation entre Walt et Henry à l'époque. Voir comment ils étaient... avant! Simplement connaitre l'issue de cette histoire.

C'est encore une fois un vrai plaisir de partir loin avec cet écrivain.

Bref, cet "Enfants de poussière" m'a définitivement fait oublier la mauvaise passe de '"l'indien blanc" et m'a de nouveau rendu accroc à Craig Johnson !
"Dark Horse" va donc me passer entre les mains sous peu... ;)
Et je ne peux que vous insiter à lire Craig Johnson et découvrir son univers incroyable et terriblement humain!

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Enfants de poussière - Craig Johnson - Éditions Gallmeister - 23/02/12 - 323 pages

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 21:42

Comté de l'Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d'Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l'entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l'Ouest, là où les hommes qui n'ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n'a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d'une vie qu'il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille.


Si je devais décrire ce livre en une seule et unique phrase, ce serait :
«Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance»

Pourquoi? Parce que ce roman est d'une noirceur sans fond!
On suit Strawl, ce flic à la vie pas facile, au destin tragique. Cet homme sur qui le malheur s'acharne. Cet homme qui a vécu tout un tas d'horreur. Qui n'a pas toujours fait que le bien. C'est d'ailleurs pour ça qu'aujourd'hui, il vit comme un ermite, seul avec son cheval, à dormir là où le vent le porte. C'est aujourd'hui un homme brisé par la vie, qui n'a plus peur de rien, et n'hésite pas une seconde à utiliser la violence pour arriver à ses fins.
Il part sur les routes accompagné (bien malgré lui) de son fils à la recherche de ce tueur d'indiens particulièrement barbare.
Tout en suivant les épopées sauvages des deux hommes, l'autre se penche sur le passé de Strawl et nous raconte ce qui lui est arrivé tout au long de sa vie. Ses amours, ses emmerdes, ses enfants, bref tout.
Petit à petit le personnage se dessine et on comprends le pourquoi de ses agissements.
Bruce Holbert nous fait découvrir des contrés éloignées de tout, entre forêts, plaines et grandes collines. Tribus indiennes et réserves naturelles. Il nous décrit les paysages sur plusieurs phrases, voire plusieurs pages par moment, mais... bordel ce que ça fait du bien. Le dépaysement est total et le voyage ne coûte pas cher!
C'est également tout un tas de personnages aussi étranges que violents qui va croiser la route des deux hommes, ce qui va nous valoir, vengeance, combats, violence, meurtres, sang, tripes.
L'écriture y est très bonne et malgré la noirceur total du roman, on se laisse embarqué dans cette histoire d'entre deux guerres (1930) avec un certain plaisir.
Et comme le roman ne commence pas de façon très joyeuse, il ne peut que mal finir, c'est écrit depuis le début.


Et parce qu'on pourrait croire que Brucel Holbert est le fils de Benjamin Withmer et Craig Johnson... juste pour ça, ça vaut le détour, non??

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Bruce Holbert - Animaux Solitaires - Éditios Gallmeister - 325 pages - 29/08/13

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 09:52
Jo Nesbø - L'homme chauve-souris

Envoyé en Australie par sa hiérarchie soucieuse de l'éloigner d'Oslo, l'inspecteur Harry Hole doit enquêter sur la mort d'une jeune Norvégienne, sauvagement jetée d'une falaise. Ce qui aurait dû n'être qu'une routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure des meurtres qu'Harry Hole refuse d'ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes... Associé à un flic aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses démons, va plonger au coeur du bush millénaire. L'Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l'indicible, lui apportera l'espoir et l'angoisse, l'amour et la mort : la pire des aventures.


"L'homme chauve-souris", est le deuxième Jo Nesbø que je lis, mais chronologiquement parlant, il est le premier. Le premier des enquêtes de Harry Hole.
J'avais bien dit, après la lecture de "fantôme", (vous trouverez le lien de mon article en bas de page) que j'allais me faire les autres. Hé bien hop hop hop, c'est parti !

Le livre, dans sa première partie se révèle assez lent. Nesbø présente ses personnages, en particulier Harry Hole. Il le façonne devant nous. Homme brisé par la vie et l'alcool parti loin de son pays, éloigné exprès par ses supérieurs. Il creuse et travaille ses personnages comme peu le font. Hole est humain, terriblement humain. Fort tout autant que faible et va le confronter à ses faiblesses.
Le ton est assez léger et parfois drôle. Il nous présente aussi les lieux, l'Australie. son climat aride, ses croyances, ses légendes, ses tribus, sa forte communauté gay.
L'enquête est là depuis le début, mais trainasse un peu. Elle n'est pas vraiment l'élément principal du livre. On comprend que Harry est plus important que l'intrigue en elle-même.
On le suit dans ses pérégrinations à travers le pays. Entre ses collègues et ses amours.
Puis, la deuxième moitié arrive et tout bascule.
Le ton devient plus sombre, inquiétant, plus grave. L'enquête s'accélère! Harry sombre. La tension monte. Hole se dévoile en nous racontant son passé, pourquoi il est là, comment.
Les liens se tissent, le nœud se démêle. Bref, l'enquête touche à sa fin. impossible de lâcher le livre.
La fin... j'avais particulièrement aimé la fin de "Fantôme", alors forcément j'attendais cette fin-ci... Et bien je n'ai pas été déçu! Il prouve qu'il maitrise à merveille les fins qui se terminent mal. Il aime faire souffrir ses personnages. Pour mon plus grand plaisir!

Ce premier Nesbø est une réussite, un vrai bon moment de lecture. Et c'est avec grand plaisir que je vais continuer la série Harry Hole! :)

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Jo Nesbø - L'homme chauve-souris - Éditions Folio - 470 pages - 24/03/2005

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 10:56
Polarama - David Gordon

«Tout a commencé le matin où, affublé d'une robe de ma défunte mère, en compagnie d'une collégienne de quinze ans qui était par ailleurs mon associée, j'ai reçu une lettre d'un pénitencier et découvert qu'un tueur en série condamné à mort était mon plus grand fan.»
Le tueur en série, c'est Dorian Clay, reconnu coupable du meurtre de quatre femmes qu'il a dépecées et arrangées en installations "artistiques" avant de les prendre en photo, mais dont on n'a jamais retrouvé les têtes. L'auteur dont Clay appréciait particulièrement la chronique érotiques dans "chaud lapin", c'est Harry Bloch, écrivain aux ambitions contrariés, père d'une flopée de romans de science-fiction et de sagas sur les vampires publiés sous divers noms d'emprunt.
A quatre-vingts jours de son exécutions, Clay propose un marché à Bloc: rencontrer les filles avec qui il a établi une correspondance torride en prison pour écrire des scénarios érotiques le mettant en scène avec elles, en échange de quoi, Clay s'engage à faire des révélations sur des points non élucidés des enquêtes le concernant. Bloch, qui n'a jamais su faire les bons choix de carrière, décide d'accepter...


J'avoue que j'ai tout de suite craqué sur ce livre. Dès les premiers mots de la quatrième de couverture. J'ai senti qu'il y avait dedans un putain de potentiel. Juste avant de débuter la lecture j'ai un peu flippé à l'idée d'être déçu. J'ai ouvert, commencé, entamé, et.. la magie a pris directement. Je ne m'attendais pas à ça, pas vraiment, mais le principal c'est d'aimer. Je m'explique:

Le roman est écrit à la première personne, c'est Harry bloch qui raconte sa vie. Son oeuvre, les merdes qui lui arrivent. Il nous raconte ça justement à travers le livre qu'il écrit. (Véritable fausse histoire vraie) Le ton est assez léger et on se marre dès le début. Harry nous raconte sa misérable vie sur une bonne cinquantaine de pages. Les chapitres sont courts et tout va très vite. Ses déboires amoureux, sa vie d'écrivain raté, sa relation avec sa mère. Bref, il ne brille pas par sa vie sociale et fait rire bien malgré lui.
Les personnages sont tous superbes et plus loufoques les uns que les autres. Ils vont êtres entrainés par Harry dans une histoire qui bien vite va les dépasser.
Claire Nash, cette ado de 15 ans, gosse de riches qui n'hésite pas une seconde à contacter les plus gros avocats de New York pour aider Harry. Dani, cette Strip-teaseuse, soeur jumelle d'une des victimes de Clay qui va se rapprocher de plus en plus d'Harry, Townes, cet agent du FBI qui a arrêté Clay 10 auparavant et qui voit d'un mauvais oeil la rencontre entre Block et le tueur. Flosky et Theresa, deux avocates qui tentent d'obtenir la réouverture du procès de Clay. Ou encore, bien sûr, Dorian Clay, ce grand méchant Serial Killer qui semble si gentil, presque vulnérable. Plus les pages passent et plus on l'apprécie. A la suite d'un retournement de situation (je ne vous dis pas quoi), le doute va d'ailleurs s’installer. Et si, Clay était innocent? Manipulation? Harry s'enfonce encore et toujours!
Le ton devient d'ailleurs un peu moins drôle, le tableau s’assombrit, mais le livre ne perd pas en qualité.
Le roman est entre-coupé de petits chapitres extraits des livres qu'écrit Harry Bloch sous d'autre nom. Vous pourrez donc découvrir ses textes sur des robots esclaves sexuels, un détective privé ou encore les amourettes d'une jeune vampire un peu candide.
L'écriture est bonne et les phrases font mouche! On se marre et on frissonne en même temps! On tourne les pages encore et encore pour connaître la suite. A la fois grave et drôle. Entre descriptions de scènes d'horreur, confidence sur l'oreiller et scènes cocasses.
Mais David Gordon ne s'arrête pas là! Non! Entre les lignes (parfois même très lisiblement hein!) il nous parle de son amour pour la littérature policière. Les "vrais" romans policier. Ses auteurs fetish, comme Dashiell Hammett ou Edgar Allan Poe. Il parle aussi du rapport entre l'écrivain et le lecteur, nous offre sa vision des choses. Il dénonce aussi d'une certaine façon, la fascination morbide qu'exerce les serial killer aux USA. Ces tueurs devenus des mega stars.

La fin arrive et reste dans la ligné du livre, elle ne déçoit pas, bien qu'elle soit assez triste à mon goût. Elle annonce peut-être (PEUT-ÊTRE!!) une suite...??
En tout cas, si suite il y a, preneur je suis!!

En bref, "Polarama" est un polar incontestablement hors norme. Entre pornographie, viscères, humour, amourette et écrivain raté. En un mot: GÉNIAL !!
Foncez, vous allez vous régaler !!!

«Pour tout vous dire, je préfère le suspense à l'ancienne, avec un assassin qui meurt à la dernière page, sans détails à l'eau de rose sur la vie privée du héros. Quand un détective apprend qu'il a une tumeur, ou que des terroristes ont enlevé sa femme, je me dis que la série est sur le déclin, ou que l'auteur est au bord du gouffre. Arrêtez de nous emmerder avec vos problèmes personnels. Faites votre boulot, un point c'est tout.»
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David Gordon - Polarama - Éditions Actes Sud - 405 pages - 05/06/13

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 19:11
Daniel Friedman - Ne deviens jamais vieux

Memphis. Buck Schatz tombe des nues lorsqu’il apprend que son ennemi juré, Heinrich Ziegler, incarnation du mal absolu, n’est pas mort en Russie comme il l’avait toujours cru. Quelques années plus tôt, il aurait certainement entrepris toutes les démarches possibles pour retrouver Ziegler. Mais si Buck est une légende de la police, celui qui, dit-on, à servi de modèle à Clint Eastwood pour L’inspecteur Harry, il a aujourd’hui 87 ans et profite d’une retraite qui lui permet de jouir en paix de ses deux principaux plaisirs : fumer ses cigarettes et assassiner son entourage de ses traits d’humour cinglants.
Toutefois il y a des réflexes qui ont la peau dure, et lorsque Buck décide malgré tout de ressortir son 357 magnum et d’aller fouiller cette étrange histoire, il est loin d’imaginer les dangers auxquels il s’expose. Mais si Buck n’a plus vraiment le physique de l’emploi, il a maintenant un style propre à désarmer le plus acharné des adversaires.


Je dois bien avouer qu'au départ je n'étais pas très chaud pour cette lecture. Un peu repu des "polar-léger-drôle". J'en ai lu un certain nombre en début d'année.
Mais au vu des différents avis que j'ai lu, je me suis finalement décidé à m'y mettre. Et après lecture, je ne regrette pas du tout!

Le roman entier repose sur la personnalité de Buck Schatz! C'est vraiment lui qui tient le livre. Friedman a créé un personnage acariâtre, misanthrope, grincheux et à l'humour noir dévastateur. Toujours à sortir des répliques grinçantes et pas forcément de bon goût.
Il sera accompagné de son petit-fils dans cette chasse au trésor nazi!
Les personnages évoluent entre course poursuite un peu foireuse, gros calibres, dialogues croustillants, diabète et arthrose !
L'intrigue en elle-même n'est pas forcément des plus originale ou même compliquée, mais elle contient tout un tas de rebondissements et de fausses pistes qui font que les pages passent à une vitesse folle. On tourne encore et encore les pages pour avancer avec les deux anti-héros! On se laisse prendre au jeu dès les premières pages et on ne décroche jamais!
Malgré tout, le roman laisse apercevoir par-ci par-là, quelques touches de noirceur sans humour et aborde notamment la vie des parents après la mort d'un enfant, la vieillesse bien sûr, la peur de mourir, les maladies. la solitude des personnes âgées..
Mais l'auteur parle de ces sujets sans en faire trop ou même tomber dans le pathos.
L'humeur reste toujours à la rigolade. Et quand le roman touche à sa fin, on ne rêve que d'une chose... revoir Buck Schatte dans une nouvelle aventure!

Alors si vous voulez vous offrir un bol d'air frais entre deux thrillers, ou même simplement rire un bon coup, n'hésitez pas!
Indéniablement mon Sonatine préféré de cette première moitié 2013 !!

Moi aussi quand je serais grand je serais Buck schatz!

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Daniel Friedman - Ne deviens jamais vieux - Éditions Sonatine - 330 pages - 23/05/13

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 16:47
Antoine Chains - Anaisthêsia

Premier flic noir à intégrer un groupe d'investigations après les émeutes interraciales de l'année passée, Désiré Saint-Pierre est aussi dealer à ses heures, dans son quartier, ghetto Sud de la ville Blanche. Mais un accident tout bête vient bouleverser cette belle ordonnance. Une voiture avec Désiré dedans. Un mur. La rencontre des deux.
Le policier se réveille d'un long coma, défiguré, atteint d'un syndrome d'indifférence massive à la douleur.
Lorsqu'il reprend du service, l'enquête très médiatique de La Tueuse aux Bagues, à laquelle il était affecté avant l'hospitalisation, s'emballe et le kilogramme de cocaïne hydrochlorique dont il avait la charge a disparu. Tandis que la maladie, lentement, gagne du terrain, Désiré va suivre la voie d'Ogun Badagris, le Dieu de la guerre et de la discorde qui régnait sur l'î
le qu'il n'aurait jamais dû quitter.



J'avoue avoir stoppé la lecture de «Puzzle», le prochain Thilliez, pour lire celui-ci. J'ai ouvert la première page et j'ai lu des premières lignes pour voir la qualité d'écriture et j'ai été tout simplement...happé par le livre, je l'ai lu presque d'une traite, dans l'après-midi!

Déjà, il y a l'écriture. ciselée, froide, presque chirurgicale. Précise. Des phrases courtes, choc! Tout est dit! Rien n'est de trop. Et je dois bien avoué que l'écriture est un gros, gros critère pour moi!! Là, je n'ai pas été du tout déçu!
Ensuite il y a les personnages. Surtout un. Le principal: Désiré Saint-Pierre.
Un homme brisé de tout les bouts. Bouffé par la vie. Défiguré à tout jamais. Après un accident de voiture il se retrouve avec une énorme cicatrice qui lui coupe le visage en deux. Il fait peur aux gens, il n'inspire que haine et méfiance. Il n'attends qu'une chose: mourir! Il vit dans une cité sur le point de brûlée où la tension est permanente. Personne ne l'aime. Surtout pas lui, un flic! Et un noir en plus de ça! Le racisme est partout. Les menaces de mort sont son lot quotidien. Quand, il ne travaille pas il lit toutes les publicités qui ont été déposées dans sa boite aux lettres. Toutes les pubs. Il les garde d'ailleurs chez lui. Il ne peut se résoudre à s'en séparer.
Depuis son accident, en plus de sa cicatrice, Désiré ne ressent plus la douleur. Que ce soit physique ou morale. Il est comme vide.
Sa seule "lueur" n'est autre que son collègue. Raciste lui aussi, mais on s'en accommode...
L'histoire... noire! On sait dès les premières pages qu'elle ne pourra se terminer que de façon tragique. C'est écrit! Il ne peut en être autrement.
En plus de sa vie de merde, Désiré doit faire face à la "tueuse à la bague", cette femme qui tue depuis pas mal de temps en laissant sur les cadavres une bague.
Désiré doit également faire face avec ses démons, la drogue et ses anciens amis.

Antoine Chainas nous entraîne dans un monde d'une noirceur sans fond. C'est poisseux, glauque, malsain, voir même pervers. Par moment, à la lecture j'ai ressentis comme de la gêne. Presque une boule au ventre. Partagé par l'envie de fermer le bouquin pour que tout s'arrête et en même temps ce côté voyeur qui me disait de continuer pour en voir encore plus! Toujours plus!
Le livre ne contient pas de scènes choc au sens propre, mais c'est la description des lieux, et des moeurs qui rend cette atmosphère étouffante.
Le personnage de Désiré est travaillé comme rarement. On est dans sa tête tout du long, ce qui n'arrange pas vraiment le côté "lourd" du livre. Désiré décrit tout! Tout ce qu'il voit! C'est un besoin, comme celui de garder bien au chaud les prospectus !
C'est véritablement une lecture qui se mérite, et qui n'est, je ne pense pas, à la porté de tout le monde. Antoine Chainas créé un univers bien à lui, mais ne fait pas que "vomir" sur le lecteur, non! Il dénonce! La cupidité! Celle des gens comme vous et moi. Celle de ce monde parfois bien pourri et de la société en générale. Un monde éteint, sans sentiment!
Une société qui ne mérite pas forcément de vivre....


Antoine Chainas, nous offre un grand roman, même si j'avoue avoir moins accroché à la deuxième moitié! Et est incontestablement pour moi, une grosse révélation. Vous pouvez êtres certains que d'ici quelques jours, je vais vous reparler de ce monsieur! ;)

«Après la sternotomie, on se servira d'un ostéotome de Stille pour sortir ta langue directement par le cou.
Au-dessus de toi, il y a un panneau «Interdit au public» à moitié effacé. Et puis plus loin, un panneau «Interdit de fumer», un panneau «Interdit de téléphoner» et un panneau «Interdit de manger».
Quand tu étais vivant, ton sang circulait.
La balance à organe, suspendue à côté de la table indique que ton coeur pèse environ deux cent cinquante grammes. Il possède une artère coronaire droite dominante. Avec de la chance, il ne présentera pas de zone de nécrose ou de fibrose. On le pose sur une tablette à organe en attendant.
Quand tu étais vivant, tu respirais. Tu parlais. Tu gueulais. Tu riais.
Ton poumon gauche pèse deux cent trente grammes environs. Le thrombus est bien constitué et multifocal. Tu n'es pas mort d'un infarctus.
Quand tu étais vivant, tu pensais. Ou, quand tu n'étais pas défoncé, t
u essayais.»
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Antoine Chainas - Anaisthêsia - Éditions Folio - 300 pag
es - 04/2011

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