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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 21:01
R.J Ellory - Mauvaise Étoile

Texas, 1964. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l’assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l’inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises.

Je ne pense pas être la personne la plus à même de parler de Roger Ellory et de ses livres. J'avoue, je n'ai pas encore lu "Vendetta"... Bouuh honte à moi! Je sais, je sais.
Puis, bon..."Seul le silence", est certes, un bon bouquin, mais est loin, trèèès loin de m'avoir transporté. Pour le moment, mon préféré, c'est "les anonymes". Et là, bah j'en suis aussi le premier étonné, étant donné que les thriller politico-manipulation, c'est pas du tout mon truc. Je ne sais expliquer pourquoi, mais "les anonymes", m'a bluffé et totalement emporté! Tant mieux!

Allez! Assez parlé du passé. Qu'en est-il de cette "mauvaise étoile"??


Le nouveau Ellory, est une fois de plus un petit pavé de plus de 500 pages. Mais un pavé qui se dévore à (presque) toute vitesse. Il n'est pas un simple page turner. C'est un roman qui se lit vite, certes, mais qui se savoure aussi.

Le roman commence par un long chapitre nous présentant les deux ados, Digger, et Clay.
Leur enfance, leur vie de misère, leur malchance. Leur destin tout tracé ou presque. On sent déjà la différence qui oppose les deux frères. L'un plus posé et réfléchit. L'autre, plus casse cou, toujours à chercher les ennuies.
Le livre commence vite, l'écriture y est toujours aussi bonne, belle, presque poétique par moment. Les chapitres courts, font tourner les pages encore, encore et encore. On est tout de suite dans l'action, et il est déjà impossible de lâcher le livre! On veut savoir la suite!
On rentre dans le vif du sujet très rapidement et les destins se croisent, s'entrechoquent!
Dès les premières pages, on sent une noirceur jusque là insoupçonnée chez Ellory. Et au fil des pages, plus que la noirceur, c'est la violence qui va étonner. Jamais, je n'aurai pensé R.J Ellory capable de tant d'horreur. Jamais! Mais je ne vais pas me plaindre, au contraire. Il prouve avec ce nouveau livre qu'il est tout à fait capable de se renouveler et d'offrir une nouvelle facette de son talent à ses lecteurs.
Pendant tout le livre, on va suivre la cavale des deux ados et de Earl. Une cavale qui aurait assez vite pu tourner en rond, mais Ellory nous balance un retournement de situation inattendu et nous emmène vers un autre genre de road movie. Une quête qui m'a tenu en haleine tout du long. La pression monte en même tant que l'on tourne les pages, tout autant que les cadavres qui s'amoncèlent sur le passage du "trio".
Digger, l'aîné des frères semble petit à petit sombrer dans "le côté obscur". Lui, qui depuis toujours cherche à franchir les limites. Va-t-il définitivement se laisser embarquer par le discourt de Earl???
Comme à son habitude Ellory travaille ses personnages. Ils sont vraiment complets et ne manquent pas de profondeur. Ce qui les rends attachants.
Si Ellory nous parle ici de la différences entre deux frères nés dans la misère et les chemins totalement différents qu'ils peuvent emprunter, il nous parle aussi de la faiblesse de certaines personnes, et le danger que peut représenter un "beau parleur", tout comme une religion.
Il nous parle aussi de la place des médias. Mais, là, contrairement à beaucoup d'auteurs, il nous montre la quasi absence de média dans les années 60. Alors que de nos jours, à l'heure des réseaux sociaux tout se sait,vite et partout, là, on ne peut communiquer qu'à travers la presse et la télé. Pas d'ordinateur, pas de téléphone portable... Une communication restreinte qui va causer pas mal de soucis ici...

"Mauvaise étoile" reste toujours très crédible et Elloy semble ne jamais en faire trop et nous offre un fin des plus tendue lors d'un dernier affrontement! (même si je ne suis pas hyper fan de ce côté très "haapy end"...)
Il est clair que je ne vais pas m'arrêter ici avec cet auteur. En attendant son sixième roman, je vais (enfin) pourvoir lire "Vendetta"!

Vous aussi, venez participer à cette chasse à l'homme haletante !!

«Moi, en revanche, je suis né sous une mauvaise étoile. Tu sais ce que c'est? Eh bien, je vais te le dire. C'est comme une conjonction de planètes. Tu sais ce que c'est une conjonction? C'est une combinaison d'évènements ou de circonstances. Eh bien, quand je suis né, je crois qu'il y avait une conjonction particulière. Une planète était à tel endroit, une autre à tel autre, et ainsi de suite à d'autres endroits. Et elles sont une force magnétique ou je ne sais quoi, et elles contrôlent les marées et tout. Bref, elles étaient dans une certaine position, et je suis né pile au mauvais moment, et c'est pour ça que je m'appelle Luckman, parce que de la chance, j'en aurai jamais...»

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Roger Jon Ellory - Mauvaise Étoile - Sonatine Éditions - 535 pages - 17/10/13

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:45
Craig Johnson - Enfants de poussière

Le comté d'Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l'Etat le moins peuplé d'Amérique. Aussi, y découvrir en bordure de route le corps d'une jeune Asiatique étranglée est-il plutôt déconcertant. Le coupable paraît pourtant tout désigné quand on trouve, à proximité des lieux du crime, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n'est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite.
D'autant que le sac de la victime recèle une autre surprise : une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à sa première affaire alors qu'il était enquêteur chez les marines, en pleine guerre du Vietnam. Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes aux échos inattendus.

Vous le savez tous sûrement: J'aime beaucoup, beaucoup Craig Johnson!
Il a tout de même réussi l'exploit de me faire lire et aimer des polars avec des indiens et un shérif... un paris totalement dingue!
Vous savez sûrement aussi que pour le moment mon préféré reste "le camp des morts" (lisez-le bordel c'est bon, bon, bon!!)
Et vous savez aussi que "L'indien jaune", troisième roman de la série, m'a déçu... oui ça arrive à tout le monde, même au meilleur.
Alors c'est l'esprit pas très très serein (William?) que j'ai entamé "enfants de poussière", quatrième enquête de ce cher Wlater Longmire !
Alors déçu de nouveau le Démosthène??
Noooooooooooooooooooooooooooon! Walt is fucking back!

Comme à son habitude Craig Johnson nous emporte loin dans son Wyoming adoré. Il nous dépayse en un rien de temps! Dès les premières pages l'ambiance et le décor sont posés. Avec son écriture absolument superbe et une traduction parfaite, les descriptions marchent du feu de Dieu. On s'y croirait. Les détails fourmillent de partout et donnent une certaine épaisseur à l'histoire. On en apprend encore sur certaines tribus indiennes, leurs cultures ou leur histoires.
Les personnages sont encore une fois plus humains que jamais. Attachants, travaillés et emplis d'émotions. Suivre leurs relations entre les uns et les autres est un bonheur. Notamment entre Walt et sa fille. Ou encore, entre Walt et sa courtisane...
L'humour grinçant est au rendez-vous ici aussi et vient pimenter le tout de temps à autre afin d'apporter un peu de légereté.
Les dialogues sont parfois croustillants et font toujours mouche.

L'intrigue en elle-même, si elle ne manque ni d'intérêt et de rebondissements, est assez souvent mise en deuxième plan au profit du passé de Walt. Ce sont presque ses souvenirs qui portent le livre. Savoir ce qui s'est passé lors de la guerre du Vietnam. Cette relation entre Walt et Henry à l'époque. Voir comment ils étaient... avant! Simplement connaitre l'issue de cette histoire.

C'est encore une fois un vrai plaisir de partir loin avec cet écrivain.

Bref, cet "Enfants de poussière" m'a définitivement fait oublier la mauvaise passe de '"l'indien blanc" et m'a de nouveau rendu accroc à Craig Johnson !
"Dark Horse" va donc me passer entre les mains sous peu... ;)
Et je ne peux que vous insiter à lire Craig Johnson et découvrir son univers incroyable et terriblement humain!

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Enfants de poussière - Craig Johnson - Éditions Gallmeister - 23/02/12 - 323 pages

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 21:42

Comté de l'Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d'Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l'entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l'Ouest, là où les hommes qui n'ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n'a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d'une vie qu'il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille.


Si je devais décrire ce livre en une seule et unique phrase, ce serait :
«Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance»

Pourquoi? Parce que ce roman est d'une noirceur sans fond!
On suit Strawl, ce flic à la vie pas facile, au destin tragique. Cet homme sur qui le malheur s'acharne. Cet homme qui a vécu tout un tas d'horreur. Qui n'a pas toujours fait que le bien. C'est d'ailleurs pour ça qu'aujourd'hui, il vit comme un ermite, seul avec son cheval, à dormir là où le vent le porte. C'est aujourd'hui un homme brisé par la vie, qui n'a plus peur de rien, et n'hésite pas une seconde à utiliser la violence pour arriver à ses fins.
Il part sur les routes accompagné (bien malgré lui) de son fils à la recherche de ce tueur d'indiens particulièrement barbare.
Tout en suivant les épopées sauvages des deux hommes, l'autre se penche sur le passé de Strawl et nous raconte ce qui lui est arrivé tout au long de sa vie. Ses amours, ses emmerdes, ses enfants, bref tout.
Petit à petit le personnage se dessine et on comprends le pourquoi de ses agissements.
Bruce Holbert nous fait découvrir des contrés éloignées de tout, entre forêts, plaines et grandes collines. Tribus indiennes et réserves naturelles. Il nous décrit les paysages sur plusieurs phrases, voire plusieurs pages par moment, mais... bordel ce que ça fait du bien. Le dépaysement est total et le voyage ne coûte pas cher!
C'est également tout un tas de personnages aussi étranges que violents qui va croiser la route des deux hommes, ce qui va nous valoir, vengeance, combats, violence, meurtres, sang, tripes.
L'écriture y est très bonne et malgré la noirceur total du roman, on se laisse embarqué dans cette histoire d'entre deux guerres (1930) avec un certain plaisir.
Et comme le roman ne commence pas de façon très joyeuse, il ne peut que mal finir, c'est écrit depuis le début.


Et parce qu'on pourrait croire que Brucel Holbert est le fils de Benjamin Withmer et Craig Johnson... juste pour ça, ça vaut le détour, non??

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Bruce Holbert - Animaux Solitaires - Éditios Gallmeister - 325 pages - 29/08/13

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 09:52
Jo Nesbø - L'homme chauve-souris

Envoyé en Australie par sa hiérarchie soucieuse de l'éloigner d'Oslo, l'inspecteur Harry Hole doit enquêter sur la mort d'une jeune Norvégienne, sauvagement jetée d'une falaise. Ce qui aurait dû n'être qu'une routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure des meurtres qu'Harry Hole refuse d'ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes... Associé à un flic aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses démons, va plonger au coeur du bush millénaire. L'Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l'indicible, lui apportera l'espoir et l'angoisse, l'amour et la mort : la pire des aventures.


"L'homme chauve-souris", est le deuxième Jo Nesbø que je lis, mais chronologiquement parlant, il est le premier. Le premier des enquêtes de Harry Hole.
J'avais bien dit, après la lecture de "fantôme", (vous trouverez le lien de mon article en bas de page) que j'allais me faire les autres. Hé bien hop hop hop, c'est parti !

Le livre, dans sa première partie se révèle assez lent. Nesbø présente ses personnages, en particulier Harry Hole. Il le façonne devant nous. Homme brisé par la vie et l'alcool parti loin de son pays, éloigné exprès par ses supérieurs. Il creuse et travaille ses personnages comme peu le font. Hole est humain, terriblement humain. Fort tout autant que faible et va le confronter à ses faiblesses.
Le ton est assez léger et parfois drôle. Il nous présente aussi les lieux, l'Australie. son climat aride, ses croyances, ses légendes, ses tribus, sa forte communauté gay.
L'enquête est là depuis le début, mais trainasse un peu. Elle n'est pas vraiment l'élément principal du livre. On comprend que Harry est plus important que l'intrigue en elle-même.
On le suit dans ses pérégrinations à travers le pays. Entre ses collègues et ses amours.
Puis, la deuxième moitié arrive et tout bascule.
Le ton devient plus sombre, inquiétant, plus grave. L'enquête s'accélère! Harry sombre. La tension monte. Hole se dévoile en nous racontant son passé, pourquoi il est là, comment.
Les liens se tissent, le nœud se démêle. Bref, l'enquête touche à sa fin. impossible de lâcher le livre.
La fin... j'avais particulièrement aimé la fin de "Fantôme", alors forcément j'attendais cette fin-ci... Et bien je n'ai pas été déçu! Il prouve qu'il maitrise à merveille les fins qui se terminent mal. Il aime faire souffrir ses personnages. Pour mon plus grand plaisir!

Ce premier Nesbø est une réussite, un vrai bon moment de lecture. Et c'est avec grand plaisir que je vais continuer la série Harry Hole! :)

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Jo Nesbø - L'homme chauve-souris - Éditions Folio - 470 pages - 24/03/2005

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 10:56
Polarama - David Gordon

«Tout a commencé le matin où, affublé d'une robe de ma défunte mère, en compagnie d'une collégienne de quinze ans qui était par ailleurs mon associée, j'ai reçu une lettre d'un pénitencier et découvert qu'un tueur en série condamné à mort était mon plus grand fan.»
Le tueur en série, c'est Dorian Clay, reconnu coupable du meurtre de quatre femmes qu'il a dépecées et arrangées en installations "artistiques" avant de les prendre en photo, mais dont on n'a jamais retrouvé les têtes. L'auteur dont Clay appréciait particulièrement la chronique érotiques dans "chaud lapin", c'est Harry Bloch, écrivain aux ambitions contrariés, père d'une flopée de romans de science-fiction et de sagas sur les vampires publiés sous divers noms d'emprunt.
A quatre-vingts jours de son exécutions, Clay propose un marché à Bloc: rencontrer les filles avec qui il a établi une correspondance torride en prison pour écrire des scénarios érotiques le mettant en scène avec elles, en échange de quoi, Clay s'engage à faire des révélations sur des points non élucidés des enquêtes le concernant. Bloch, qui n'a jamais su faire les bons choix de carrière, décide d'accepter...


J'avoue que j'ai tout de suite craqué sur ce livre. Dès les premiers mots de la quatrième de couverture. J'ai senti qu'il y avait dedans un putain de potentiel. Juste avant de débuter la lecture j'ai un peu flippé à l'idée d'être déçu. J'ai ouvert, commencé, entamé, et.. la magie a pris directement. Je ne m'attendais pas à ça, pas vraiment, mais le principal c'est d'aimer. Je m'explique:

Le roman est écrit à la première personne, c'est Harry bloch qui raconte sa vie. Son oeuvre, les merdes qui lui arrivent. Il nous raconte ça justement à travers le livre qu'il écrit. (Véritable fausse histoire vraie) Le ton est assez léger et on se marre dès le début. Harry nous raconte sa misérable vie sur une bonne cinquantaine de pages. Les chapitres sont courts et tout va très vite. Ses déboires amoureux, sa vie d'écrivain raté, sa relation avec sa mère. Bref, il ne brille pas par sa vie sociale et fait rire bien malgré lui.
Les personnages sont tous superbes et plus loufoques les uns que les autres. Ils vont êtres entrainés par Harry dans une histoire qui bien vite va les dépasser.
Claire Nash, cette ado de 15 ans, gosse de riches qui n'hésite pas une seconde à contacter les plus gros avocats de New York pour aider Harry. Dani, cette Strip-teaseuse, soeur jumelle d'une des victimes de Clay qui va se rapprocher de plus en plus d'Harry, Townes, cet agent du FBI qui a arrêté Clay 10 auparavant et qui voit d'un mauvais oeil la rencontre entre Block et le tueur. Flosky et Theresa, deux avocates qui tentent d'obtenir la réouverture du procès de Clay. Ou encore, bien sûr, Dorian Clay, ce grand méchant Serial Killer qui semble si gentil, presque vulnérable. Plus les pages passent et plus on l'apprécie. A la suite d'un retournement de situation (je ne vous dis pas quoi), le doute va d'ailleurs s’installer. Et si, Clay était innocent? Manipulation? Harry s'enfonce encore et toujours!
Le ton devient d'ailleurs un peu moins drôle, le tableau s’assombrit, mais le livre ne perd pas en qualité.
Le roman est entre-coupé de petits chapitres extraits des livres qu'écrit Harry Bloch sous d'autre nom. Vous pourrez donc découvrir ses textes sur des robots esclaves sexuels, un détective privé ou encore les amourettes d'une jeune vampire un peu candide.
L'écriture est bonne et les phrases font mouche! On se marre et on frissonne en même temps! On tourne les pages encore et encore pour connaître la suite. A la fois grave et drôle. Entre descriptions de scènes d'horreur, confidence sur l'oreiller et scènes cocasses.
Mais David Gordon ne s'arrête pas là! Non! Entre les lignes (parfois même très lisiblement hein!) il nous parle de son amour pour la littérature policière. Les "vrais" romans policier. Ses auteurs fetish, comme Dashiell Hammett ou Edgar Allan Poe. Il parle aussi du rapport entre l'écrivain et le lecteur, nous offre sa vision des choses. Il dénonce aussi d'une certaine façon, la fascination morbide qu'exerce les serial killer aux USA. Ces tueurs devenus des mega stars.

La fin arrive et reste dans la ligné du livre, elle ne déçoit pas, bien qu'elle soit assez triste à mon goût. Elle annonce peut-être (PEUT-ÊTRE!!) une suite...??
En tout cas, si suite il y a, preneur je suis!!

En bref, "Polarama" est un polar incontestablement hors norme. Entre pornographie, viscères, humour, amourette et écrivain raté. En un mot: GÉNIAL !!
Foncez, vous allez vous régaler !!!

«Pour tout vous dire, je préfère le suspense à l'ancienne, avec un assassin qui meurt à la dernière page, sans détails à l'eau de rose sur la vie privée du héros. Quand un détective apprend qu'il a une tumeur, ou que des terroristes ont enlevé sa femme, je me dis que la série est sur le déclin, ou que l'auteur est au bord du gouffre. Arrêtez de nous emmerder avec vos problèmes personnels. Faites votre boulot, un point c'est tout.»
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David Gordon - Polarama - Éditions Actes Sud - 405 pages - 05/06/13

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 19:11
Daniel Friedman - Ne deviens jamais vieux

Memphis. Buck Schatz tombe des nues lorsqu’il apprend que son ennemi juré, Heinrich Ziegler, incarnation du mal absolu, n’est pas mort en Russie comme il l’avait toujours cru. Quelques années plus tôt, il aurait certainement entrepris toutes les démarches possibles pour retrouver Ziegler. Mais si Buck est une légende de la police, celui qui, dit-on, à servi de modèle à Clint Eastwood pour L’inspecteur Harry, il a aujourd’hui 87 ans et profite d’une retraite qui lui permet de jouir en paix de ses deux principaux plaisirs : fumer ses cigarettes et assassiner son entourage de ses traits d’humour cinglants.
Toutefois il y a des réflexes qui ont la peau dure, et lorsque Buck décide malgré tout de ressortir son 357 magnum et d’aller fouiller cette étrange histoire, il est loin d’imaginer les dangers auxquels il s’expose. Mais si Buck n’a plus vraiment le physique de l’emploi, il a maintenant un style propre à désarmer le plus acharné des adversaires.


Je dois bien avouer qu'au départ je n'étais pas très chaud pour cette lecture. Un peu repu des "polar-léger-drôle". J'en ai lu un certain nombre en début d'année.
Mais au vu des différents avis que j'ai lu, je me suis finalement décidé à m'y mettre. Et après lecture, je ne regrette pas du tout!

Le roman entier repose sur la personnalité de Buck Schatz! C'est vraiment lui qui tient le livre. Friedman a créé un personnage acariâtre, misanthrope, grincheux et à l'humour noir dévastateur. Toujours à sortir des répliques grinçantes et pas forcément de bon goût.
Il sera accompagné de son petit-fils dans cette chasse au trésor nazi!
Les personnages évoluent entre course poursuite un peu foireuse, gros calibres, dialogues croustillants, diabète et arthrose !
L'intrigue en elle-même n'est pas forcément des plus originale ou même compliquée, mais elle contient tout un tas de rebondissements et de fausses pistes qui font que les pages passent à une vitesse folle. On tourne encore et encore les pages pour avancer avec les deux anti-héros! On se laisse prendre au jeu dès les premières pages et on ne décroche jamais!
Malgré tout, le roman laisse apercevoir par-ci par-là, quelques touches de noirceur sans humour et aborde notamment la vie des parents après la mort d'un enfant, la vieillesse bien sûr, la peur de mourir, les maladies. la solitude des personnes âgées..
Mais l'auteur parle de ces sujets sans en faire trop ou même tomber dans le pathos.
L'humeur reste toujours à la rigolade. Et quand le roman touche à sa fin, on ne rêve que d'une chose... revoir Buck Schatte dans une nouvelle aventure!

Alors si vous voulez vous offrir un bol d'air frais entre deux thrillers, ou même simplement rire un bon coup, n'hésitez pas!
Indéniablement mon Sonatine préféré de cette première moitié 2013 !!

Moi aussi quand je serais grand je serais Buck schatz!

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Daniel Friedman - Ne deviens jamais vieux - Éditions Sonatine - 330 pages - 23/05/13

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 16:47
Antoine Chains - Anaisthêsia

Premier flic noir à intégrer un groupe d'investigations après les émeutes interraciales de l'année passée, Désiré Saint-Pierre est aussi dealer à ses heures, dans son quartier, ghetto Sud de la ville Blanche. Mais un accident tout bête vient bouleverser cette belle ordonnance. Une voiture avec Désiré dedans. Un mur. La rencontre des deux.
Le policier se réveille d'un long coma, défiguré, atteint d'un syndrome d'indifférence massive à la douleur.
Lorsqu'il reprend du service, l'enquête très médiatique de La Tueuse aux Bagues, à laquelle il était affecté avant l'hospitalisation, s'emballe et le kilogramme de cocaïne hydrochlorique dont il avait la charge a disparu. Tandis que la maladie, lentement, gagne du terrain, Désiré va suivre la voie d'Ogun Badagris, le Dieu de la guerre et de la discorde qui régnait sur l'î
le qu'il n'aurait jamais dû quitter.



J'avoue avoir stoppé la lecture de «Puzzle», le prochain Thilliez, pour lire celui-ci. J'ai ouvert la première page et j'ai lu des premières lignes pour voir la qualité d'écriture et j'ai été tout simplement...happé par le livre, je l'ai lu presque d'une traite, dans l'après-midi!

Déjà, il y a l'écriture. ciselée, froide, presque chirurgicale. Précise. Des phrases courtes, choc! Tout est dit! Rien n'est de trop. Et je dois bien avoué que l'écriture est un gros, gros critère pour moi!! Là, je n'ai pas été du tout déçu!
Ensuite il y a les personnages. Surtout un. Le principal: Désiré Saint-Pierre.
Un homme brisé de tout les bouts. Bouffé par la vie. Défiguré à tout jamais. Après un accident de voiture il se retrouve avec une énorme cicatrice qui lui coupe le visage en deux. Il fait peur aux gens, il n'inspire que haine et méfiance. Il n'attends qu'une chose: mourir! Il vit dans une cité sur le point de brûlée où la tension est permanente. Personne ne l'aime. Surtout pas lui, un flic! Et un noir en plus de ça! Le racisme est partout. Les menaces de mort sont son lot quotidien. Quand, il ne travaille pas il lit toutes les publicités qui ont été déposées dans sa boite aux lettres. Toutes les pubs. Il les garde d'ailleurs chez lui. Il ne peut se résoudre à s'en séparer.
Depuis son accident, en plus de sa cicatrice, Désiré ne ressent plus la douleur. Que ce soit physique ou morale. Il est comme vide.
Sa seule "lueur" n'est autre que son collègue. Raciste lui aussi, mais on s'en accommode...
L'histoire... noire! On sait dès les premières pages qu'elle ne pourra se terminer que de façon tragique. C'est écrit! Il ne peut en être autrement.
En plus de sa vie de merde, Désiré doit faire face à la "tueuse à la bague", cette femme qui tue depuis pas mal de temps en laissant sur les cadavres une bague.
Désiré doit également faire face avec ses démons, la drogue et ses anciens amis.

Antoine Chainas nous entraîne dans un monde d'une noirceur sans fond. C'est poisseux, glauque, malsain, voir même pervers. Par moment, à la lecture j'ai ressentis comme de la gêne. Presque une boule au ventre. Partagé par l'envie de fermer le bouquin pour que tout s'arrête et en même temps ce côté voyeur qui me disait de continuer pour en voir encore plus! Toujours plus!
Le livre ne contient pas de scènes choc au sens propre, mais c'est la description des lieux, et des moeurs qui rend cette atmosphère étouffante.
Le personnage de Désiré est travaillé comme rarement. On est dans sa tête tout du long, ce qui n'arrange pas vraiment le côté "lourd" du livre. Désiré décrit tout! Tout ce qu'il voit! C'est un besoin, comme celui de garder bien au chaud les prospectus !
C'est véritablement une lecture qui se mérite, et qui n'est, je ne pense pas, à la porté de tout le monde. Antoine Chainas créé un univers bien à lui, mais ne fait pas que "vomir" sur le lecteur, non! Il dénonce! La cupidité! Celle des gens comme vous et moi. Celle de ce monde parfois bien pourri et de la société en générale. Un monde éteint, sans sentiment!
Une société qui ne mérite pas forcément de vivre....


Antoine Chainas, nous offre un grand roman, même si j'avoue avoir moins accroché à la deuxième moitié! Et est incontestablement pour moi, une grosse révélation. Vous pouvez êtres certains que d'ici quelques jours, je vais vous reparler de ce monsieur! ;)

«Après la sternotomie, on se servira d'un ostéotome de Stille pour sortir ta langue directement par le cou.
Au-dessus de toi, il y a un panneau «Interdit au public» à moitié effacé. Et puis plus loin, un panneau «Interdit de fumer», un panneau «Interdit de téléphoner» et un panneau «Interdit de manger».
Quand tu étais vivant, ton sang circulait.
La balance à organe, suspendue à côté de la table indique que ton coeur pèse environ deux cent cinquante grammes. Il possède une artère coronaire droite dominante. Avec de la chance, il ne présentera pas de zone de nécrose ou de fibrose. On le pose sur une tablette à organe en attendant.
Quand tu étais vivant, tu respirais. Tu parlais. Tu gueulais. Tu riais.
Ton poumon gauche pèse deux cent trente grammes environs. Le thrombus est bien constitué et multifocal. Tu n'es pas mort d'un infarctus.
Quand tu étais vivant, tu pensais. Ou, quand tu n'étais pas défoncé, t
u essayais.»
_____________________________________________________________________________
Antoine Chainas - Anaisthêsia - Éditions Folio - 300 pag
es - 04/2011

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 20:27
Carsten Stroud - Niceville

Tout droit sortie de la tradition du Southern Gothic, Niceville incarne le Sud, avec ses propriétés somptueuses, ses chênes festonnés de mousse espagnole et sa moiteur soporifique. Le seul problème, c'est que le Mal y vit beaucoup plus longtemps que les hommes. Plusieurs disparitions inexpliquées entachent la réputation du lieu, à commencer par celle du jeune Rainey Teague, littéralement volatilisé en plein jour devant la vitrine d'un antiquaire de la rue principale. C’est aussi le territoire où sévissent des flics peu scrupuleux qui braquent des banques et descendent froidement leurs collègues au fusil à lunette...

Quand Nick Kavanaugh, policier hanté par ses combats en Irak, et son épouse Kate, élégante avocate issue d'une des vieilles familles de la ville, décident de tirer tout cela au clair, ils n'imaginent pas dans quel enfer ils ont mis le pied.

Les éditions Seuil organisent un petit concours autour de ce roman, je vous donne rendez-vous en fin d'article pour savoir le pourquoi du comment!

Il y a des livres très simples à chroniquer. Des livres où les mots viennent tout seul, les doigts glissent sur le clavier. Et "Niceville", n'est pas de ce genre de livre!

Il y a cent milles choses à dire dessus et je pense en oublier une bonne partie...
Déjà, il y a le premier chapitre! Tout commence direct! D'un coup! PAF! Pas le temps de se reposer. Un chapitre assez dur et intense qui commence et se termine sur les chapeaux de roues.Tu te le prends dans la face et tu te demandes ce que le livre te réserve pour la suite. Sûrement le pire... pour mon plus grand bonheur!
Après... ça se complique un peu.
Le livre fourmille d'histoires parallèles et de milliers de personnages. J'avoue avoir été perdu pendant quelques chapitres. Ne plus trop savoir où j'étais et surtout, où j'allais...!
Puis, tranquillement, le livre se met sur ses railles et nous conduit dans les méandres de Niceville. Ville pourrie ou le taux de disparition est 5 fois plus élevé que partout ailleurs.
Une ville hantée par son passé trouble.

Comme je l'ai dis plus haut, le roman fourmille de personnages. Des nouveaux à chaque chapitre ou presque. Et plus que l'histoire en elle-même, je crois que c'est le sort des ces héros boiteux qui m'a intéressé. On y découvre donc un sniper ripoux casseur de banque, une ancien militaire hanté par la guerre du Vietnam, un ancien du FBI totalement véreux, un père "aimant" qui cache bien des secrets, une pervers quasi pédophile, une vieille riche un peu folle et son chat et bien d'autres personnages dans le genre. C'est eux qui vont, tour à tour donner différentes dimensions au roman. A la fois sombre, effrayant, drôle... surnaturel (??)
Le livre ne fait pas que fourmiller de personnages, il contient également tout un tas de rebondissements, et ne laisse pas vraiment le temps au lecteur de se reposer. Il y a cette ambiance qui fait que l'on redoute toujours ce qui va se passer, et les évènements ne sont pas convenus et surprennent. Les dialogues sont parfois assez cocasses et rendent le livre un peu plus léger, moins "lourd". Comme si la brume un peu étouffante qui règne autour du livre se dissipait un peu le temps de quelques pages pour nous permettre de respirer un peu.
La fin du livre arrive et pourtant, on ne voit pas qu'elle issue l'auteur peut avoir choisi. Une fois encore il surprend...
Je regrette cela dit tout de même une fin un chouilla expéditive et qui laisse quelques questions en suspend, mais ce qui permet en même temps la libre interprétation des choses par chaque lecteur...

En bref, "Niceville" est un roman ovni dans le monde du polar. Un roman qui se mérite et va surement en rebuter plus d'un.Ce n'est clairement pas un page-turner. C'est un roman qu'il faut savourer et prendre le temps de lire afin de comprendre toutes les subtilités glissées ça et là. Un roman que je conseille à qui a soif de nouvelles expériences!
Un vrai bon moment de lecture.

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Concours, j'ai dis concours!
En effet, les Éditions Seuil font un concours via leur page facebook afin de gagner un exemplaire de ce roman. En tant que partenaire je vais vous donner un petit coup de main!

Alors, faites bien attention voici mon précieux indice:
«Prenez garde si vous l'associez aux alouettes»

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Carsten Stroud - Niceville - Éditions Seuil - 500 pages - 06/06/13

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 17:56
Dan Wells - Nobody

Si l’envie vous prend de jouer au chat et à la souris avec un serial killer, dites-vous bien que vous serez
toujours la souris. L’avertissement, qui vaut pour tout le monde, ne semble avoir aucune prise sur John Wayne Cleaver. Obsédé par les tueurs en série, celui-ci n’a en effet aucun scrupule à entrer dans le jeu.
Il faut dire que John a un atout de taille dans sa manche : des pulsions homicides incontrôlables. Il lui arrive en effet à lui aussi, de temps à autre, de se transformer en monstre assoiffé de sang. Aussi a-t-il décidé de s’attaquer aux éléments les plus meurtriers de la société plutôt que de s’en prendre à d’innocentes victimes. Cette fois, le serial killer qu’il a choisi de défier en l’attirant dans sa petite ville tranquille de Clayton se nomme Nobody. Après quelques interminables semaines d’attente, des meurtres commencent enfin à ensanglant
er Clayton. Nobody est bel et bien là. Et la partie peut commencer.

"Démon: n. m.
Diable, malin esprit. Les démons de l'enfer. Une troupe de démons. Le démon lui a inspiré cela. Les ruses du démon.

Fig. et fam., C'est un démon, un vrai démon, un démon incarné, se dit d'une Personne et surtout d'un Enfant qui ne fait que tourmenter les autres. Quel enfant insupportable! c'est un vrai petit démon.

Fam., Avoir de l'esprit comme un démon, Avoir beaucoup d'esprit.

Il se prend aussi, dans le sens des Anciens, pour Génie, soit bon, soit mauvais. Le démon de Socrate.

Il se dit, au figuré, de la Cause à laquelle on attribue les inspirations de quelqu'un, la passion qui l'agite, etc. Quel démon vous agite? Le démon de la jalousie. Le démon du jeu le possède, s'est emparé de lui."



Dan Wells.... Je ne sais toujours pas vraiment quoi penser de sa trilogie.
C'est pourtant avec un grand enthousiasme que j'ai commencé la lecture de «Je ne suis pas un Serial Killer». L'écriture, le côté un peu décalé, l'humour noir, l'horreur, les pensées de John... tout ça me plaisait énormément. Tout était réunit pour en faire un énorme coup de coeur. Tout, sauf... l'identité du tueur... My gosh! LA déception! Le What he Fuck de l'année!!! J'ai tout de même lu le deuxième tome histoire de... Et au final j'ai été plutôt agréablement surpris, mais pas convaincu totalement non plus.
Alors, c'est tout naturellement que j'ai lu le troisième tome.
Et , après lecture, je reste encore très sceptique. Il y a du bon, c'est sûr, mais aussi de gros moins. Explications!

ATTENTION SPOILER!! (Si vous n'avez pas lu les premiers tomes, ne continuez pas la lecture...!)

Déjà, pour commencer, LA chose qui m'a tout de suite fait tiquer c'est ça...

Cent quatre vingt seize. 196, c'est le nombre de fois qu'est écrit le mot "démon(e)(s)" dans ce roman de 333 pages. Alors, vous allez me croire ou non (j'espère que oui) mais j'ai compté! Page après page lors de ma lecture! Faisant un petit bâton sur une feuille chaque fois que le mot apparaissait! J'ai même relus les 30 premières pages pour relever les premiers "démons". Et c'est la page 256 qui remporte la palme avec pas moins de 7 apparitions du mot! Alors, vous n'avez plus d'excuses de ne pas être au courant qu'il s'agit d'un roman de dé... de quoi déjà? Ha oui! De DÉMON! :)
Il existe tellement de synonymes que je ne comprends pas comment l'auteur a pu ne pas en utiliser. A moins que ce ne soit un défaut de traduction... (je n'en sais rien hein! Et n'accuse pas Elodie Leplat)

Bref, passons ceci et parlons un peu plus de l'intrigue et tout ça et tout ça!
Donc, le grand méchant de l'histoire est un démon (Dans ce dernier tome, unE démonE).
Et le gros problème c'est justement l'absence de cette "Nobody". Dan Wells nous en parle tout du long encore et encore mais n'apparaît qu'a la toute toute fin. Ne vous attendez donc pas à une énoooorme confrontation de fous. Ici il n'en est rien !
Dan Wells trouve également une nouvelle copine à notre John préféré. Une tite minette de son lycée. Belle et populaire. Très belle et très populaire même. Tout le monde l'aime et va faire plus ou moins intégrer John dans son monde. Là, c'est comme pour le démon, ils vont tout deux se tourner autour sans jamais oser vraiment se toucher ou s'embrasser. ça donne un côté étrangement puritain au livre. Comme s'il était normal qu'un jeune homme de 15 ans ait des pulsions meurtrières et vide des cadavres avec sa mère mais qu'il n'ait pas le droit de jouer au docteur avec des jeunes filles vivantes de son âge...

Niveau action donc, ce n'est pas ce dernier tome qui en est le plus rempli. Wells s'attarde plus sur John, son évolution, ses pensées, sa psychologie. Et franchement, ça ne m'a pas dérangé outre mesure, même si j'aurais souhaité un peu plus de morts!
Là, encore une fois, les pensées de John sont au top! C'est l'aspect du livre que j'aime le plus, vraiment. Je trouve ça assez fascinant et plutôt bien foutu. Son humour noir, et son recul face à la mort. Ses blagues nécrophile me font mourir de rire.
Tout pareil pour les scènes de thanatopraxie! Juste... passionnant. Comme un retour en arrière, des petits moment de nostalgie en souvenir de la fabuleuse série TV Six Feet Under ! Le pied.

Le final ne relève pas vraiment le niveau du livre ou même de la trilogie. Une fin assez banale et qui laisse des portes entrouvertes pour de nombreuses suites...
Pas d'émotion ou de sentiment particulier à l'idée d'en avoir fini avec John Cleaver. Juste un simple livre terminé. Un livre parmi tant d'autre...

Voilà... pour moi, cette trilogie ne restera pas gravée à vie dans mes souvenir. Ce fut un assez bon moment de lecture, mais rien de transcendant ni d’exceptionnel.
Mai si vous aimez la fantastique mélangé au polar, vous devriez trouver votre compte!

(Et s'cusez-moi pour les mots pas entièrement en gras ou en italique, c'est juste un bug de ce super site de m... démon? ;) )
______________________________________________________________________________
Dan Wells - Nodoby - Éditions Sonatine - 333 pages - 13/06/13

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:03
Nicolas Lebel - L'heure des fous

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard...
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les
rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne
l’heure des fous....

Il y a déjà un bon moment que je devais lire ce polar, et bon nombre de fois j'ai repoussé. Toujours et encore. Pourquoi? Parce que j'avais toujours une nouvelle nouveauté à arriver ou un nouveau roman d'un auteur que j'aime qui débarquait chez moi.
Puis la semaine dernière est enfin arrivé LE moment! Celui ou j'ai pris le livre et l'ai ouvert.
Je l'ai lu d'une traite, alors autant vous dire que je n'ai pas regretté !

Dès les premières pages on entre directement dans le vif du sujet, pas le temps de conter fleurette! Nicolas Lebel pose les décors et l'intrigue tout en nous présentant les personnages tour à tour. Tous inoubliables pour diverses raisons. Tous sont creusés et sous leur apparence de simples flics cachent des secrets, des fêlures et se promènent avec leurs lots de valises. On s'attache à eux dès le début et rapidement s’installe comme un lien d'amitié. Lien qui ne va que se renforcer avec le temps.
Personnage qui, de part leurs caractères (effacé, bourru, vulgaire (?) droit...) vont nous apporter des dialogues des plus croustillants! Car, oui, le roman n'est pas dénué d'un certain humour. (Sans pour autant être léger!!)
Tout comme les personnages qui prennent de l'ampleur au fil des pages, l'intrigue, elle, s'étoffe de la même manière. Alors que le point de départ semble relativement simple et prévisible, Mr Lebel complique la chose et nous entraîne sur des terrains plutôt inattendus.
En effet il nous entraine dans le monde des SDF. Monde impitoyable. Il nous conte comment une personne comme vous et moi peu, du jour au lendemain devenir SDF, ou autrement dit, rien ni personne ! Un mirage. Il nous offre en conséquent, une tout autre image du Paris des cartes postale! Et le roman prend une tournure légèrement... politique.
La fin est à l'image du reste du livre: bonne et assez osée (si si quand même!)

En plus de tout ça, Nicolas Lebel peu se venter d'avoir une écriture efficace et fluide et des chapitres relativement courts qui font de «l"heure des fous» un vrai page-turner.

Nicolas Lebel signe ici un premier (si je ne dis pas de connerie) polar efficace qui devrait plaire au plus grand nombre. Et même s'il ne renouvelle pas le genre il fait parti de cette nouvelle génération d'auteurs Français qui apportent un bon coup de fraicheur sur le polar Made in France, tout comme Michael Mention ou encore le tout jeune mais non moins talentueux Jérémie Guez.
Un polar qui de fait se lit vite, certes, mais qui fait aussi réfléchir! Alors pourquoi se priver? On saute dessus dès que possible !

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Nicolas Lebel - L'heure des fous - Éditions Marabooks - 380 pages - 03
/01/13

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